P’tit GLOB : Quand l’art contemporain défèque sur Michel-Ange…

En plein milieu de la piazza della Signoria, à deux pas du David de Michel Ange et de la galerie des Offices, une énorme crotte en métal surprend les touristes…

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De passage à Florence, je me réjouissais de revoir cette magnifique ville toscane et ses merveilles architecturales, mais en débouchant sur l’emblématique place della Signoria, dont j’avais un souvenir ébloui… surprise ! Ici aussi, l’art contemporain a fait des siennes, et a osé venir poser au plein centre de ce lieu historique une des énormes bouses dont il a le secret. Et quand je dis bouse, ce n’est pas figuratif… c’est au sens propre.

Que voir d’autre dans ce tas informe, écrasé, s’arrondissant sur lui-même en volute épaisse et grossière – bien qu’argentée, la forme vous paraîtra tout à fait familière. « Cos’è questa merda » ? se demandait un Italien d’un ton rageur, surpris comme la plupart des badauds confrontés à une énigmatique crotte, alors qu’ils s’apprêtaient à lever les yeux vers les milles prouesses artistiques que recèlent monuments et sculptures sur cette somptueuse place. On s’attend presque à voir pleurer, comme pleurent parfois paraît-il les statues de madones, David et Hercule, postés comme toujours devant le Palazzo Vecchio,, majestueux hôtel de ville.

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Fous rires, yeux effarés, sourires crispés ou perplexes, et pour les plus indulgents ou les plus intellos, tentatives de trouver un sens à cette « oeuvre »… voire d’y chercher une parcelle d’esthétisme (« peut-être, à la lumière, le reflet, vu ainsi…  » s’interrogeait une touriste pleine de bonne volonté, se tortillant pour chercher dans quel sens regarder la statue afin de parvenir à la trouver, sinon belle, du moins signifiante….)
En tout cas, elle fait parler, cette « oeuvre ». Les réactions s’emmêlaient dans la foule des touristes et des visiteurs, en ce magnifique dimanche d’octobre. Et on sait le peu de discrétion italienne quand il s’agit de manifester son étonnement, son admiration ou son dégoût. « Ma non puo essere permanente, non puo assolutamente essere permanente », assurait un monsieur distingué à son épouse horrifiée.
Vérification faite, effectivement, l’exposition de la crotte ne sera que temporaire : elle sera ramassée le 21 janvier prochain… ouf. En attendant, il faut supporter ses 12 mètres d’aluminium, en les prenant « in giro »  – autrement dit, en les moquant… ce que savent très bien faire les Italiens ! (una « cacata » gigante… pas besoin de traduire ?)

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C’est l’artiste suisse Urs Fischer qui a osé franchir le Rubicon, si je puis dire (étant à Florence et non à Rome !)… et bafouer le respect qu’on doit à ses (glorieux) ancêtres. Il n’en est pas à sa première crotte, puisque sa Big Clay est étiquetée du numéro 4… mais c’est la première fois que l’une d’elle traverse l’Atlantique pour venir s’échouer en plein cœur de la Renaissance italienne. Le maire de Florence, Dario Nardella, s’en est félicité : selon lui, cette oeuvre d’un « des plus grands artistes contemporains », accueillie ici pour la nouvelle édition de In Florence – événement qui rassemble tous les deux ans des expositions d’art contemporain dans la ville – prouve que Florence « vit encore aujourd’hui sa Renaissance, renaît chaque jour grâce à l’art. »
Peut-être, mais une autre des oeuvres d’Urs Fischer, plus petite et en cire, qui avait été posée en même temps et à quelques mètres de là, s’est déjà… écroulée. Acte de malveillance ou défaut de conception ? Cette fois, j’ai l’impression que le David ricane… Michel Ange, au moins, c’est du solide !

 

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