Même par temps caniculaire, même quand c’est la quatrième fois qu’on la visite, cette ville de l’Antiquité conservée presque intacte sous les cendres du Vésuve garde un remarquable pouvoir de fascination…

Certes, en pleine saison estivale, il faut du courage pour affronter la chaleur, le soleil… et la foule de touristes qui se presse devant l’entrée. Acheter les places en ligne, à l’avance, semble être un bon plan. « Salta la coda », promet le site officiel, autrement dit, saute par dessus la queue… En réalité, le nombre de touristes munis de places achetés à l’avance est si grand, alors qu’il y a une seule file d’attente réservée aux billets on line, contre trois files pour les visiteurs non munis de billets, qu’on attend davantage que ceux qui n’ont rien prévu ! En plus, il faut attendre à nouveau pour l’audio guide… on y renonce ! A noter toutefois, pour ceux qui n’auraient jamais visité ce site qui couvre plusieurs hectares, qu’un tel guide est vraiment très utile. Cela permet de s’immerger encore plus rapidement dans les lieux, de comprendre la topographie de la ville et les usages de ceux qui y vivaient, de se diriger directement vers les maisons qu’on a le plus envie de découvrir, sans perdre de temps dans des détours inutiles. De plus, je me souviens avoir déjà effectué une visite de Pompéi avec des enfants, et l’audioguide conçu pour eux est vraiment très bien fait, avec de petites histoires et anecdotes amusantes sur la vie romaine dans l’Antiquité – du type, comment on châtiait les écoliers, où comment on blanchissait le linge (avec de l’urine récoltée dans des jarres devant les maisons, vous l’apprendrez en visitant la blanchisserie, magnifiquement conservée et restaurée.)
Parmi mes maisons préférées à Pompéi, celle du faune – celui-ci, petite statuette de diablotin, trône dans l’entrée.
La disposition des pièces, les mosaïques, l’atrium, tout contribue à stimuler l’imagination, on a vraiment l’impression de faire un gigantesque saut dans le passé et d’entrer dans l’une de ces vastes et luxueuses demeures qui étaient l’apanage de l’aristocratie sous l’empire romain.
Magnifiques aussi, le forum, encore impressionnant, le gymnase gigantesque où la jeunesse romaine entretenait ses muscles mais aussi son mental; le lupanar, bien sûr, fascine les foules, avec ces gravures érotiques encore si éloquentes; et bien sûr les thermes, dont la modernité incroyable n’a presque rien à envier aux spas d’aujourd’hui. Tout y est, des vestiaires bien organisés aux bains hydromassants, en passant par les piscines et hammams réchauffés grâce à des conduites souterraines. On peut vraiment se rendre compte que la vie, à cette époque, n’était pas si éloignée de la nôtre qu’on pourrait le croire – d’autres époques sont bien plus obscurantistes, malgré leur proximité
chronologique.
La topographie urbaine n’a pas tellement changé dans les villes modernes; axes principaux menant au centre ville, bordés de boutiques et commerces; quartiers résidentiels aux belles demeures; quartiers mal famés aux ruelles tortueuses, avec bordels et boutiques plus petites… Même les fast food et les passages cloutés existaient déjà, et on peut observer les sortes de bars où étaient alignées les nourritures en self service, et les traces de roues laissées par les charrettes dans le pavé des rues.
Aussi le sort de ces habitants, qui nous ressemblaient plus qu’on aurait pu l’imaginer, nous émeut-il d’autant plus, en observant les incroyables moulages de Fiorelli – le premier à avoir inventé ce procédé, qui consistait à couler du plâtre dans les creux laissés par les corps ensevelis par la cendre.
Ils sont ainsi restitués dans toute leur saisissante humanité, leurs derniers gestes démontrant toute l’horreur de leur mort – corps recroquevillés, bras qui tentent de protéger les yeux, enfants blottis contre leur mère, chien enchaîné qui se tord de douleur…
Plus d’infos :
Billet 15 euros/adulte, gratuit pour les enfants, 9 euros étudiants jusqu’à 25 ans.
Ouvert tous les jours 9h-19h30 d’avril à octobre, dernière entrée 18h. Du 1er novembre au 31 mars, 9h-17h.
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