Saviez-vous que le fameux volcan du Petit Prince a été imaginé par Saint-Exupéry en hommage au pays natal de sa femme Consuelo ? Car le Salvador, ce petit Etat d’Amérique centrale coincé entre le Honduras et le Guatemala, ne compte pas moins de vingt-sept volcans. C’est peut-être ce qui donne aux Salvadoriens leur caractère réputé explosif ?


“Chaque Salvadorien possède trois armes, en moyenne”, nous apprend Jean-Michel, représentant du Secours Populaire français en Amérique latine et Caraïbes, et responsable d’un beau projet coopératif à Comasagua, dont je vous reparlerai.
C’est lui aussi qui nous rappelle que nous nous trouvons sur un sol criblé de cratères, dont quelques-uns sont encore actifs : le Salvador s’est construit sur les volcans. Faut-il voir un rapport de cause à effet avec leur propension à s’emporter ? “Il ne faut pas les énerver; ici, on s’offense facilement et on se venge tout aussi facilement; il y a des histoires incroyables… mais à côté de ça, pourtant, les gens sont vraiment gentils”, remarque Jean-Michel, lui-même marié à une Salvadorienne.

La violence réelle de cette société (qui affiche le taux d’homicide volontaire le plus élevé de la planète) ne doit pas être sous-estimée; cependant, comme dans toute l’Amérique du Sud, ce taux élevé est surtout lié à la drogue et au grand banditisme : au quotidien, parmi la population « ordinaire », on ne ressent pas un grand sentiment d’insécurité – d’autant qu’une police touristique a désormais été créée, pour sécuriser les endroits les plus visités. Des hommes en armes veillent d’ailleurs partout, que ce soit devant les lieux touristiques ou les commerces, les banques, les administrations… (voir autant d’armes lourdes à tous les coins de rue n’est d’ailleurs pas forcément ce qui contribue le plus à vous rassurer !)

Entre lacs et volcans, une destination méconnue
Et pourtant, malgré son caractère volcanique et ses gardes armés, ce petit pays, totalement épargné par le tourisme de masse qui ravage actuellement la planète, respire le calme des endroits méconnus. Les voyageurs solitaires peuvent s’y promener loin des meutes à sac-à-dos, autour de lacs paradisiaques nichés dans les cratères des volcans éteints.

Dans ses lagunes, vous découvrez encore des îles désertes, vous pouvez vous baigner seuls sous l’oeil des cormorans, déjeuner d’une langouste grillée pour quelques dollars et vous endormir dans un hamac bercé par les vents, sans qu’aucun autre client ne débarque… Sa côte, tantôt rocheuse, tantôt sableuse, où déferlent d’immenses vagues, commence déjà à attirer les surfeurs du monde entier… ça reste un tourisme “de niche”! Jusqu’à quand ?

Voilà pourquoi il faut venir au Salvador, et voilà pourquoi je vais vous en vanter les mérites… mais chuuut, ne les ébruitez pas trop ! Pas encore…