LOIN SUR LE GLOB : Si tu vas à San Salvador, va voir…

Pourquoi ne pas commencer par une visite du centre historique ? Certes, les villes ne sont pas le principal attrait de ce petit pays d’Amérique Centrale, encore épargné par le tourisme de masse, dont je vous parlais dans mon post précédent. Mais ne négligez pas San Salvador, qui mérite bien une journée….

plaza Libertad, centre ville El Salvador

En venant au Salvador, vous atterrirez dans le seul aéroport international du pays, celui qui est situé à une cinquantaine de km de la capitale – et a pris le nom du Saint, martyr et héros national, Mgr Romero. Vous allez donc commencer votre visite par San Salvador, et vous pouvez même envisager d’y rester quelques jours : plusieurs sites touristiques sont suffisamment proches pour faire l’aller-retour dans la journée, et il est plus facile de trouver des taxis, shuttle ou bus dans la capitale.

La cathédrale où une cinquantaine de personnes trouvèrent la mort le 24 mars 1980, lors des funérailles d’Oscar Romero, assassiné la veille en pleine messe : on voit encore les impacts de balles qui furent tirées depuis le palais présidentiel, provoquant un mouvement de panique dans la foule.

Son centre, longtemps déserté par les Salvadoriens, ravagé par la longue guerre civile qui déchira le pays de la fin des années 70 jusqu’au début des années 90, et dont il porte encore les stigmates, est actuellement en cours de résurrection.

Un centre qui revit…

Comme nous l’explique Oscar, un étudiant salvadorien qui a fait ses études en Italie avant de revenir sans son pays enseigner l’italien, mais aussi organiser et assurer des visites touristiques, on voit fleurir sans cesse, dans des hangars ou d’anciens commerces jusque là désertés, de nouveaux bars branchés, des restos et « bals » (comme on dit ici) où la jeunesse salvadorienne vient manger et danser le soir.

L’un des plus beaux cafés du centre, à découvrir au premier étage d’une arrière-cour, ouvre ses fenêtres sur la place de la Libertad; on peut y manger, y boire, et surtout y jouer au billard ou aux cartes, dans une atmosphère et un décor qui semblent n’avoir pas changé depuis l’époque coloniale – on ne serait pas surpris d’y croiser des planteurs en panama, cigare au coin des lèvres ! Ce club de billard est un lieu historique de la ville, fondé il y a plus de 80 ans, par des Français.

Tout près, en remontant la 2e Calle Oriente, on arrivera au Palais National, ancien siège du gouvernement construit au 19e. C’est un lieu important de l’histoire politique du pays; c’est ici que siégea la première Assemblée législative et que fut élaborée la Constitution. Aujourd’hui, on y organise des événements dans ses beaux salons vides, qui ouvrent sur un magnifique patio fleuri et des balcons de fer forgé.

Dans cette salle eut lieu la première Assemblée constituante du Salvador


A quelques pas, on peut flâner dans l’immense marché quotidien, très pittoresque, où on peut acheter des mangues, bananes, poissons, crevettes, viandes et autres denrées comestibles (à prix imbattables) aussi bien que des accessoires… de magie blanche et noire !

On découvrira les deux grandes places historiques de la ville, l’immense cathédrale et plusieurs belles églises.

In God they trust

L’hypocrisie ayant toujours bien cohabité avec la religion… on ne s’étonnera pas d’apprendre que l’une de ces très nombreuses églises, qui surplombe le marché (Paroquia del Calvario) est devenue un point de rencontre notoire entre des dames qui ne se fient pas qu’à Dieu pour pourvoir à leurs besoins, et leurs clients.

Grâce à la fraîcheur agréable et à la semi-obscurité, cette petite église serait en effet une “salle d’attente” plus agréable et discrète que la chaleur étouffante et la lumière crue des places de marché voisines, inondées de soleil !

Sur les bancs de l’Eglise du Calvario, qu’attend la dame qui ne prie pas ? Une révélation, une consolation… ou un client ?


Dans ce pays très chrétien ( les Eglises protestantes et leurs dérivés baptistes, adventistes, évangélistes, Témoins de Jéhovah… prennent actuellement le pas sur les catholiques ) on voit aussi beaucoup de portraits, peintures murales et photos du nouveau Saint du pays (le premier, et à ce jour, le seul !)

Tombe de Mgr Romero, à la cathédrale municipale de San Salvador

Monseigneur Romero a été canonisé par le Pape François en octobre dernier. Et pourtant, ses assassins et leurs commanditaires (sur lesquels les historiens n’ont guère de doute) n’ont jamais été jugés… pas plus que ceux de la vingtaine de prêtres ou religieuses qui subirent le même sort à la même époque. Les funérailles du porte-parole des « Sans Voix », qui n’hésitait pas à dénoncer les exactions des escadrons de la mort, furent le sinistre prélude à une guerre civile qui devait tuer au moins 75 000 personnes. Le pouvoir actuel reste proche de la junte militaire d’alors… et une amnistie générale fut votée en 1993, hypocrisie somme toute plus grave que celle qui consiste à monnayer ses charmes sur les bancs d’une église !

En partant de la capitale, vous pourrez visiter également de très jolies petites villes : notamment Ataco, non loin du volcan Santa Ana (y faire absolument une étape si vous prenez la Route des Fleurs, qui sillonne vers le Guatemala entre les plantations de café) ou Suchitoto, l’un des villages coloniaux les plus connus et les plus touristiques – vous pouvez faire l’aller-retour dans la journée, si vous ne choisissez pas d’y faire étape. Pittoresque et coloré, il peut aussi représenter un bon point de départ pour partir à la découverte des volcans, des lacs, des parcs naturels, de la côte et de la lagune qui font la beauté naturelle de ce pays.

A suivre ! Je vous en parle dans un prochain post.

Nota bene… POUR CEUX QUI AURAIENT SAISI L’ALLUSION (SIBYLLINE) DE MON TITRE…QUI N’EST PAS LE MIEN… OUI JE SAIS, CE N’EST pas LE MÊME SAN SALVADOR, MAIS MON CHANTEUR VOYAGEUR FAVORIh ME LE SOUFFLAIT A L’OREILLE… TELLEMENT TENTANT !

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