Pour boucler ma série d’articles sur ce pays , je vous propose de revenir dans quelques jolis villages : Comasagua, ignoré des voyageurs – je m’y suis rendue pour rencontrer une association formidable; Ataco, sur la route des fleurs; Suchitoto, petite vitrine touristique du pays, bonne base pour sillonner le Salvador, ses lacs, plages, lagunes, volcans…

A Suchitoto, dont je vous parlais déjà dans mes deux premiers articles sur ce pays, vous pourrez prendre un bateau pour sillonner le plus grand lac du Salvador, le Suchitlàn: artificiel, des villages ont été submergés pour le créer lors de la construction d’un barrage hydraulique dans les années 70. D’un vert laiteux, il est parsemé d’îles peuplées d’oiseaux, entre lesquelles les “lanchas (barques à louer) vous promènent… notamment, celle de “l’ermite” (car un aviateur en détresse, paraît-il, y échoua et y resta plusieurs années, dans la solitude).








On peut observer par centaines pélicans, hérons, martin-pêcheurs… Le silence n’est troublé que par leurs cris et jacassements. L’eau serait attirante par sa fraîcheur, si elle n’était, hélas, sale et polluée, donc impropre à la baignade. Quant à la ville elle-même, pittoresque et colorée, son héritage colonial attire les visiteurs.

Une belle place, une belle église, de nombreux petits commerces et les inévitables « pupuserias »…
Mais aussi, un bel hôtel créé par un couple franco-salvadorien, Los Almendros, qui peut servir de camp de base à ceux qui voudraient visiter le pays dans se soucier des transports : Pascal, l’un des propriétaires, vous emmène en excursion à la demande, vers les principaux centres d’intérêt du pays.

L’histoire de l’hôtel est celle d’un double coup de foudre entre deux hommes… et un pays !
Lui était diplomate à Paris quand ils se sont connus. Ils ont passé des vacances ici, et Pascal, séduit par Suchitoto, a acheté cette maison à rénover, pensant faire une surprise à son compagnon. Lequel, pendant ce temps, s’activait à Paris pour pouvoir rester en France… ce qu’il a obtenu ! Pendant quelques années, le Français a donc vécu au Salvador – où il a présidé aux lourds travaux de rénovation de la maison – et le Salvadorien… en France ! Réunis et mariés depuis plusieurs années, ils gèrent désormais ensemble cette belle demeure intimiste, nichée dans des jardins luxuriants avec superbe piscine.
De Suchitoto, on peut facilement, pour la journée, aller grimper sur le volcan Santa Ana, explorer la tranquille lagune de Jiquilisco et ses plages totalement désertes (dont je vous parlais dans mon second article sur le Salvador, à retrouver ici) se baigner sur l’océan ou y faire du surf. On peut aussi longer la magnifique côte jusqu’aux confins du Honduras, et passer une nuit sur le golfe de Fonseca, où ¨Pascal et son compagnon proposent aussi à la location de jolis bungalows sur la plage….
La lagune de Jiquilisco…
De notre côté, nous avons longé la côte dans l’autre sens, vers le Guatemala, et emprunté la route des fleurs, ainsi baptisée par le ministère du Tourisme qui entend revitaliser ce dernier. Elle sillonne joliment la partie est du pays, entre les plantations de canne à sucre et, plus haut, celles de café, jusqu’aux confins du Guatemala. Elle permet de grimper sur les hauteurs, à partir de Santa Ana, offrant de beaux points de vue sur le lac Coatepeque et les volcans – des sites dont je vous parlais plus en détail dans un article précédent, à retrouver ici.

Les fleurs, vous en verrez peut-être davantage à la saison des pluies (à partir du mois de mai), mais même en saison sèche, on peut admirer celles, très colorées de l’arbre “totem” du Salvador, qui offrent (sur la même variété d’arbres) des tons différents et inattendus (rose ou orange vif, blanc ou rose pastel)
Quant à la fleur de l’izote, très présente en ce mois de mars en lequel j’étais au Salvador, elle est également “fleur nationale” et symbole du pays; on l’admire et on la mange, aussi – un peu de la même manière qu’on mange ici les fleurs d’acacia, généralement en beignets.
Parmi les villages dont vous entendrez rarement parler par les touristes, j’ai beaucoup aimé Comasagua, perché sur les hauteurs, où j’ai été accueillie par Jean-Michel, responsable du Secours Populaire qui effectue un travail fantastique – je vous en parlais dans mon premier article sur le Salvador sur ce blog; j’y suis allée pour un reportage que vous pourrez lire ici, sur le site de Consoglobe, si vous souhaitez en apprendre davantage sur Comasagua mais aussi, bien au-delà du tourisme, sur cette action solidaire soutenue par la France.

Tout au long de la route des fleurs, les fincas se succèdent : on peut entrer dans certaines des plantations de café, recevoir des explications sur la façon dont il est récolté, visiter et déguster… voire y être hébergé (plusieurs font office de jolis restaurants ou hôtels).
De belles villes très colorées et pittoresques, Apaneca et Ataco, sont connues pour les grandes plantations environnantes; j’ai déjà évoqué Ataco, dernière étape idéale avant le Guatemala, le Street Art naïf et coloré sur ses façades, sa place animée, son marché… et beaucoup de magasins touristiques proposant du café et des dégustations– cependant, en tant qu’amatrice de bon ristretto très serré, je dois vous prévenir… cela peut être très décevant ! Le grain récolté ici est sans doute très bon, mais la récolte n’est qu’une partie du travail… le torréfier et le préparer en est une autre! Dans les bars locaux, comme dans les plantations, on vous propose généralement un café à l’américaine, passé dans un filtre, versé dans un mug, sans mousse, sans corps, sans amertume et sans caractère… du moins pour ceux qui apprécient le café corsé “à l’italienne” !






- En savoir plus sur le Salvador….
J’ai essayé, à travers cette série d’articles, de refléter les différents visages de ce petit pays où je retournerais avec plaisir, d’autant que nous y avons fait de sympathiques connaissances. A suivre, le Guatemala.

A lire aussi, un article publié suite à mon voyage, sur le Journal des Femmes, si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur la société salvadorienne actuelle : il concerne un problème de société unique au monde, puisque le Salvador est le seul pays qui met des femmes en prison pour crime de… fausse couche ! Certes, c’est moins enchanteur que les plages, volcans ou lagunes… Mais c’est aussi un aspect important du pays – on nous a d’ailleurs beaucoup parlé de droit des femmes, ici, et on peut dire qu’elles se battent pour changer leur sort. Et le récent acquittement d’Evelyn Hernandez laisse à espérer que les choses puissent enfin changer…Nous avons d’aileurs croisé, lors de ce voyage, de nombreuses personnes qui se battent pour le droit des femmes, et pour faire diminuer la violence à leur égard.

- L’itinéraire, en résumé

Voici un petit récapitulatif des itinéraires possibles, d’après celui que j’ai emprunté pour ce voyage effectué en mars 2019.
– En arrivant à Salvador :
* Visite de la vieille ville, nuit dans la capitale
* Départ pour Suchitoto, journée et nuit sur place; de là vous pouvez organiser des excursions d’une journée vers la lagune, la baïa de Jiquilisco, le golfe de Fonseca, et retour.
* La côte jusqu’au golfe de Fonseca : compter deux jours, puis revenir vers Salvador
* Excursion sur le lac Coatepeque, nuit à Salvador ou près du lac
* Excursion au volcan Santa Ana, puis route des fleurs vers Guatemala
* Etape à Ataco (on peut y passer la nuit) ou dans une des plantations de café voisines, sur la route des fleurs.
D’Ataco, on peut poursuivre vers Antigua, comme nous l’avons fait, si on envisage une extension au Guatemala.
- Comment s’organiser ?

– les bus locaux, tous privés car il n’y a pas de réels transports publics, sont à peu près impraticables (bus bondés, lignes mal définies, arrêts fréquents, trajets qui prennent des heures et des heures… sans compter le racket fréquent des passagers par la “mafia” locale qui entre dans les bus et demande à chacun son obole. Au départ des auberges de jeunesse et des hôtels, on vous proposera des navettes et shuttles privés vers les principaux centres d’intérêt touristiques, c’est une bonne solution mais impossible de sortir des sentiers battus et choix d’horaires limité.
– faire appel à une agence de voyages locale, sur place, pour vous trouver un véhicule, avec ou sans chauffeur… mais attention, pour conduire un véhicule de location, il ne faut pas avoir peur de la conduite totalement indisciplinée des Salvadoriens, des chiens errants qui traversent sous vos roues, bétaillères bourrées de passagers aggripés aux bastingages, oscillant sur les bords jusqu’à risquer de tomber sur votre capot; des gros bus scolaires américains réformés, et transformés en transports locaux, qui s’arrêtent n’importe où à l’improviste pour débarquer ou embarquer des passagers; des “tumulus” (nids de poules et ralentisseurs, partout sur la route). Il faut bien entendu éviter de conduire la nuit (routes peu éclairées, risques d’agression, plus tous les dangers déjà cités !) Et impossible de franchir la frontière avec un véhicule de location si on envisage une extension au Guatemala ou au Honduras.
– faire appel à un véhicule et à un chauffeur privé : vous gagnerez beaucoup de temps, mais c’est assez cher. Comptez par exemple 200 dollars, au minimum, pour aller de Salvador à Antigua, au Guatemala.





















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