Le Canada par temps de COVID… ça refroidit !

Des chutes du Niagara, on tombe de haut… quand il s’agit de passer côté canadien ! Un pont faisait autrefois trait d’union avec les Etats-Unis, au-dessus des communes cascades : les mesures anti COVID sont passées par là. Sans PCR, pas de frontière…

Niagara Falls, décembre 2022 : sur l'autre rive, l'inaccessible Canada ! les chutes du Niagara vues du côté américain, en hiver
Niagara Falls, décembre 2022 : sur l’autre rive, l’inaccessible Canada !

Avant de me lancer dans le récit de mes mésaventures canadiennes, je souhaite une bonne année de voyages à tous ceux qui me liront… ce qui, à l’heure où j’écris, est un peu une gageure, mais il faut espérer que d’ici quelques mois, nous serons à nouveau plus libres de passer les frontières. Cela fait bientôt deux ans qu’on l’espère, avec des hauts et des bas, quelques petits voyages entrepris dans de grandes difficultés pour les uns, et pour les autres, bien trop souvent, des renoncements à la pelle… côté tourisme, le redoux de l’été dernier semble déjà bien loin !

Non, ça pourrait mais ce n'est pas un pont coupé entre Amérique et Canada... c'est une plate-forme d'observation des chutes, et derrière, le fameux "Rainbow Brige"

la plate forme d'observation des chutes du Niagara, et le Raibow Bridge de Niagara Falls, qui relie le Canada et les Etats-Unis
Non, ça pourrait mais ce n’est pas un pont coupé entre Amérique et Canada… c’est une plate-forme d’observation des chutes, et derrière, le fameux « Rainbow Brige »

Pour ma part, depuis mars 2020, et comme la plupart d’entre nous j’imagine, je compte sur les doigts d’une seule main les voyages que j’ai pu effectuer à l’étranger : Italie été 2020, Italie été 2021… certes, c’est ma seconde patrie, mais tout de même, ça m’a fait plaisir de reprendre le 17 décembre dernier un long courrier, de faire tamponner mon passeport, de passer une frontière non européenne. Un plaisir oublié, et qui a presque un goût d’interdit, désormais. D’ailleurs, on a dû repousser ce voyage deux fois depuis août 2020, et on ne l’a maintenu, en plein coeur de l’hiver, que pour des raisons familiales, ma fille cadette étudiant cette année aux Etats-Unis.

Combien d'eau va couler sous les ponts, avant qu'on puisse à nouveau voyager sans contraintes ?
Photo d'en haut des Niagara Falls, chutes du Niagara, côté américain
Combien d’eau va couler sous les ponts, avant qu’on puisse à nouveau voyager sans contraintes ?

Bref, le plan, c’était : Canada- Etats-Unis-Canada, voyage autour des grands lacs, Ontario, Erié, Huron, Michigan, avec visite de Toronto, Détroit, Chicago, Milwaukee, Cleveland.

La région des grands lacs, partagée entre le Canada et les Etats-Unis : par où entrer, par où sortir ? carte de la région des grands lacs
La région des grands lacs, partagée entre le Canada et les Etats-Unis : par où entrer, par où sortir ?

Avant COVID, l’arrivée et le retour via Toronto était plutôt un bon plan : les billets d’avion Paris-Toronto sont moins chers que les Paris-Cleveland, Paris-Détroit ou Paris-Chicago. Et cela permet d’entrer ou de revenir en faisant le tour du lac Erié et en passant par les chutes du Niagara, point frontière spectaculaire qui ne présentait autrefois aucune difficulté majeure – je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, car avant même le COVID, il y a eu le terrorisme et les premières restrictions aux frontières : mais la première fois où j’ai mis les pieds au Canada, et que j’ai franchi le pont vers Buffalo, il n’y avait même pas d’ESTA, et on franchissait ce fameux pont sans la moindre formalité… beau temps de liberté totale des années 80-90… qu’on n’est pas près de retrouver, hélas !

En 1897, pas besoin d’ESTA, pas besoin de tests PCR, on passait librement des Etats-Unis au Canada, sur le beau Rainbow Bridge…

Oubliez donc ce bon plan tant qu’il y a COVID… il n’en est plus un : si vous allez au Canada, restez au Canada, si vous allez aux Etats-Unis, restez aux Etats-Unis, ça vous évitera bien des angoisses et des tests. Ou bien, si vous passez du Canada aux Etats-Unis… restez-y : c’est plus simple, car repasser la frontière canadienne, même terrestre, cela veut dire passer un test PCR. Les Américains, eux, ne demandent aucun test, à la frontière terrestre. Il n’y a donc pas de difficulté à sortir du Canada pour aller vers les lacs, côté américain. Par contre, pour y revenir, un test antigénique ne suffit pas. Même quand on est dûment et entièrement vacciné, les autorités canadiennes vous demandent un test PCR de moins de 72 heures, et ceci depuis le début décembre 2021. Je ne sais quand cela changera, si ça change. Mais c’est infernal.

Parce que le test PCR, on le fait où ? Les officines de santé, les pharmacies Rite Aid ou Wallgreen qui le proposent gratuitement à tous (même sans assurance et sans rendez-vous) les centres médicaux, les dispensaires associatifs, les hôpitaux, sont tous saturés en ce moment, ils ne proposent plus que l’antigénique. Nous avons fait sans problème des PCR à Chicago et à New York, avant les fêtes, pour certains d’entre nous qui repartaient, mais quand nous sommes arrivés à Cleveland le 2 janvier, c’était devenu totalement impossible, du moins gratuitement et rapidement ! On a sillonné toute la ville, et je tiens à saluer ici la pharmacienne du Wallgreen qui parlait français grâce à ses origines camerounaises, qui a tout tenté pour nous et nous a même payé un Uber (cadeau du Nouvel An, a-t-elle dit) pour nous envoyer sur un drive lointain – nous étions alors démunis de voiture et de connexion internet, arrivés dans sa pharmacie par Uber et incapables d’en repartir par le même moyen !) Elle a été adorable mais hélas, cela n’a servi à rien : il n’y avait plus de PCR dispos sur le drive, il n’y en avait plus nulle part, ou bien réservés aux cas symptômatiques, ou encore aux patients habituels des centres médicaux ou des hôpitaux, ayant pris dûment rendez-vous… Et plus on allait vers la frontière, plus c’était problématique. Je suis même allée à l’hôpital des vétérans américains de Buffalo, où la dame de l’accueil, très gentille, était navrée… mais je n’étais pas vétérane, et même pas « symptômatique » !!! Elle m’a dit que son mari avait eu le même problème quelques jours auparavant, alors qu’il devait aller au Canada.

Bien évidemment, au pays de l’Oncle Sam, toute une industrie s’est aussitôt développée près de la frontière, avec des drive le long de la route proposant des tests rapides, pour un prix qui croît à mesure que le délai d’obtention des résultats raccourcit : compter environ 200 euros par personne si une heure trente vous suffit, encore plus cher si vous souhaitez obtenir le test en trente minutes… Ce qui va être nécessaire si les charmantes autorités canadiennes vous renvoient aux Etats-Unis, comme cela a été notre cas – faute de vouloir se faire racketter par les profiteurs frontaliers, nous n’avions en poche qu’un test rapide antigénique.

Et au milieu coule une rivière… infranchissable par temps de COVID !

On s’est quand même présentés à la frontière… Rainbow Bridge ou pas, pour nous, l’arc en ciel n’a pas eu lieu !

On a eu beau montrer notre billet d’avion, expliquer qu’on restait dans la voiture et qu’on filait directement à l’aéroport de Toronto, à une heure de là… pour s’envoler et ne plus revenir… rien à faire, aucune exception possible, ceci est le territoire canadien, il faut se confirmer aux règles canadiennes !

Vous ne voulez pas payer 200 dollars pour un test ? C’est votre choix, nous a répondu, texto, le charmant représentant des autorités sanitaires de l’état canadien, arc-bouté sur son règlement. Au poste de douane, la dame en uniforme, désolée pour nous, aurait bien voulu nous laisser passer pour aller prendre notre avion… mais elle devait en reférer à ce monsieur, décisionnaire ultime. Et lui, il s’en fichait, de notre avion. C’est votre choix, c’est tout ce qu’il savait dire. C’est votre choix, d’avoir fait un antigénique ! Ben non, monsieur, c’est pas mon choix, c’est que tous les autres étaient « sold out » ! C’est votre choix, de passer ou pas un PCR ! Ben, non, monsieur le douanier, c’est pas un choix, puisqu’on tente de me l’imposer moyennant finances… c’est un racket organisé !

Bref, on nous a renvoyé côté américain. Alors, notre choix, ça a été de modifier notre billet pour partir des Etats-Unis, puisque de là, notre test antigénique suffisait. Merci, Air France, au passage : bien que les billets, à l’origine, ne soient pas modifiables, ils le sont dans le contexte actuel, et le coût de modification a été bien moins élevé que celui des tests PCR « rapides » qu’exige le Canada ! J’ai pu le faire rapidement, par téléphone, et j’aurais embrassé la dame au bout du fil !

Résultat, nous voilà revenus en France et sitôt arrivés, qu’a-t-il fallu faire, à votre avis ? Un test, pardi… parce que cette fois, symptômes. Et il s’est avéré que la situation est la même ici : plus de PCR… ils ont même fermé le grand centre où je l’avais fait avant de partir, car ils n’ont plus de réactif. Alors, madame…. faites un antigénique… vous n’avez pas le choix ! On vit une époque formidable… non ? Qui sait ce que nous réserve 2022 ? On peut s’attendre à tout. Allez, bonne année, et je vous souhaite plein de voyages… sans tests préalables !

La route sera longue… mais on en verra bien la fin ?

Un commentaire sur “Le Canada par temps de COVID… ça refroidit !

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  1. J’ai lu tes mésaventures… J’avais pas trop suivi jusque là mais j’ai mieux compris maintenant ! Ben cette histoire de PCR à 200 $ à la frontière c’est pas l’fun comme disent les Québecois, ils se foutent de la pomme des gens !

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